"LE PALMIER"

2018

 En décembre 2012 des habitants de Saint-Girons, commune située dans le département de l'Ariège, décident de prendre l'initiative d'investir une maison dite « le palmier » (en référence à l'arbre qui pousse dans la cour de la maison).

 Située au 59 avenue du Maréchal Foch et adjacente à l'ancienne usine de l'industrie papetière Lédar, fermée il y a bien longtemps suite à la concurrence mondiale.

 Maison appartenant à la communauté de communes du Couserans, et laissée vacante depuis une bonne quinzaine d'années.

 De cette occupation née le Centre Social Occupé Auto-organisé (CSOA) « Le Palmier ».

 Occupation illégale ayant pour but de répondre à différents besoins, tels que la difficulté de se loger avec de faibles revenus ainsi que la mise à disposition de locaux et de moyens aux associations locales ou aux particuliers.

 Là est bien le « but » ou plus précisément le « moyen » du squat. Occuper collectivement et illégalement un lieu abandonné dans l'idée de se réapproprier la ville, de réclamer un « droit à la ville ».

 Cette pratique de réappropriation de l’espace urbain revendique le droit d'habiter malgré une situation financière précaire, de se rencontrer et d’échanger dans un lieu commun où la réflexion collective, l'auto- organisation, l'entraide et la convivialité sont les maîtres mots et ce dans la gratuité.

 C'est bien ce qu'ont réalisé les occupants et visiteurs du CSOA « Le Palmier » de décembre 2012 à mai 2015 date à laquelle, après plusieurs procès, la communauté de communes demande l'évacuation des lieux sous 15 jours sous peine d'une amende journalière de 50 euros et de l'intervention des forces de l'ordre.

 Donnant accès, au logement modestement à quatre personnes, ainsi qu'à une vie associative dynamique, diverses activités (artisanales, artistiques, culturelles et festives) régulières et gratuites, à toute une communauté d'habitants, pourquoi procéder à l'évacuation du lieu, qualifié de « passionnant » et « non semblable dans les environs » par certains habitants de la région et prouvant la nécessité d'un lieu autogéré au carrefour de ces vallées.

 Premièrement pour la sécurité des occupants et visiteurs, deuxièmement pour faute d'occuper l'intégralité de l'usine Lédar.

 

 Après de nombreux appels à rassemblements pour protester, « Le Palmier » fera l'objet d'un avis d'expulsion milieu 2016 et sommeillera les derniers 6 mois jusqu'à la fermeture totale de la maison, murée à l'aide de parpaings en juin 2017, enfermant à l'intérieur certaines affaires des occupants et laissant à l’extérieur une lutte anarchiste ne pouvant être bâillonnée derrière des murs.

 

 Quand est-il aujourd'hui de cette maison dite « Le Palmier » ?

 C'est ce qui fait l'objet de mon reportage photographique au cours de l'été 2018, un peu plus d'un an après sa fermeture totale et définitive.

SOURCES : lepalmier.squat.net / Cairn.info / open edition / infokiosques.net / iaata.info